Édito
Ostentatoires, ineptes, scandaleuses... Jadis adulées, les Super cars soulèvent aujourd'hui des questions majeures qui risquent de les condamner.
L'évolution des mentalités ne se limite pas aux seuls : de nombreux spécialistes s'accordent à penser que ces modèles porteurs d'image ont quelque peu perdu le sens de la mesure.
D'abord, dans les années 2000, avec l’avènement d’une nouvelle oligarchie qui a créé de nombreuses vocations guidées par l’opportunisme et la surenchère. Puis, plus récemment, avec le triomphe de la cyberculture, qui a poussé de nombreux constructeurs à courtiser l’univers du jeu vidéo... Quitte à sombrer dans la caricature.
En résultent des monstres de puissance au potentiel trop souvent inexploitable, dont le principal dessein serait d’appâter la nouvelle génération (paraît-il plus sensible aux expériences qu’aux biens) ou de flatter l’ego de milliardaires aux goûts douteux, tant leurs tarifs sont devenu exorbitant. Ceci, au mépris des enjeux environnementaux appelant de nouvelles priorités sociétales…
Mais faut-il pour autant réduire cette élite de la production automobile à ses dérives et la soumettre à l’opprobre général ?
Car, bien que leur marché se soit considérablement développé, les Super cars ne représentent qu'une fraction infinitésimale du 1,5 milliard de voitures actuellement en circulation.
En outre, elles roulent peu et finissent rarement à la casse. N’en déplaisent à ceux qui fustigent leur impact climatique, l’emprunte carbone de ces sportives d’exception est toute relative. En particulier, lorsqu'il s'agit de modèles précieusement conservés et produits à quelques dizaines d'exemplaires.
Quant à ceux qui dénoncent leur (f)utilité, ils oublient leur contribution au développement de technologies de pointe, lesquelles finissent par profiter à la "grande série". Notamment dans les domaines de l'efficacité et de la sécurité.
Au-delà des polémiques inhérentes à leur portée symbolique, les Super cars fascinent toujours de nombreux passionnés par leur histoire, leur design, leur technologie, ou encore les émotions et les sensations qu'elles distillent.
À commencer par la Lamborghini Miura de 1966, (souvent considérée comme la première du genre), La De tomaso Pantéra (1970), la Lamborghini Countach (1974) ou encore la BMW M1 (1978).
Par la suite, la fameuse Ferrari Testarossa ou l’Aston V8 vantage s'inscriront dans le même esprit, mais il faudra attendre l'apogée des fameuses groupe B pour que cette caste prenne son véritable statut. D'abord avec la Ferrari 288 GTO présentée en 1984, mais aussi (et surtout) avec la "miraculeuse" Porsche 959, finalisée l'année suivante. Une véritable vitrine technologique qui, à défaut d'être rentable, constitua d'emblée un formidable outil de communication pour la marque.
Depuis, des dizaines de constructeurs ont tenté l'aventure... Avec plus ou moins de succès. Compte tenu des critères de sélection retenus, cette collection d'ouvrages débute avec l'ère pionnière des années 80. Exclusivement basée sur des articles de presse, elle s'adresse davantage à ceux qui cherchent à s'informer sur ces modèles mythiques qu'à leurs propriétaires (lesquels pourront en savoir plus long sur leur achat que beaucoup de spécialistes).
Au passage, certains pourront considérer que l'approche consistant à jauger la fiabilité, la polyvalence ou encore l'homogénéité d'anciennes Super cars dont la valeur dépasse souvent le million d'euros est quelque peu saugrenue.
Mais c'est également ce qui permettra aux autres de mieux percevoir dans quelle mesure ces sportives emblématiques étaient abouties et en avance sur leur temps...
Bonne lecture,
* source : Hedges & Company